vendredi 17 janvier 2020

DES VŒUX, DES GALETTES DES REINES...OU DES ROIS ?

Il n’est pas encore trop tard pour que je présente mes vœux de bonne année 2020
à travers mon blog qui s’était un peu trop assoupi ces derniers temps.
Normalement, la répétition d’hier était réservée à ces dames. Nous les mâles, nous étions prévus pour vendredi prochain, mais comme une désertion en masse de ceux-ci était annoncée, on a préféré tous nous rassembler ce mercredi à Moissy, et nous en avons profité pour « tirer les rois », comme on dit, à défaut des reines ! 
Mais ne versons pas dans la vulgarité primaire !
D’ailleurs le « confutatis » nous rappelait, à bon escient, que l’enfer guettait les vilains pécheurs !
C’est pourquoi Benjamin a fait « supplier » ces dames de nous pardonner nos fautes. Nous n’avons donc pas eu le doit de « tonner » nos « confutatis » en restant sagement assis, à écouter ses dames pleurer harmonieusement aux ordres impérieux d’un chef de chœur inspiré ! Oui ! Je sais ! Un peu de lèche de temps en temps ne peut nuire à de bonnes relations entre les choristes et leur chef.
En tous les cas, la galette des rois s’est bien déroulée, qu’il est impératif de rebaptiser « galette des reines » déjà, pour obéir à la doxa féministe actuelle, et surtout parce qu’il n’y a eu aucun roi de couronner à notre petit goûter amical. On s’en fout ! Nous sommes les « princes » de l’humilité, nous ! Et vu que nous ne sommes pas en nombre, il est inutile de la ramener, comme on dit vulgairement.
En tous les cas, Benjamin nous a promis des lendemains enchanteurs dans les mois qui vont venir, pour notre aventure « mozartienne » avec d’autres compagnons « choraleux » (mais pas trop!). Alors comme le titre d’un célèbre film italien le proclamait : « Avanti la musica » !
Et bonne année 2020 



dimanche 22 décembre 2019

QUOI DE NEUF ? MOZART ! TOUJOURS MOZART !

Pardonnez-moi ce titre un peu « cultureux » emprunté à une célèbre réflexion de Sacha Guitry, à propos de Molière, mais c’est ce qui m’est venu à l’esprit quand j’ai su que l’on refaisait notre Requiem du divin « Amadeus! ».
Oui, je sais ! Cela fait un certain déjà que je ne vous ai pas écrit une petite bafouille sur mon blog. Mais que d’événements singuliers se sont passés depuis plus d’un an, depuis le départ de notre cher Jérôme ! Le « faux-bourdon »  de la ruche, c’est à dire moi,  est revenu cette année avec un autre « faux-bourdon » venu en renfort. Nous en avions bien un troisième, mais celui-ci vient de déclarer forfait. Heureusement l ‘inoxydable et persévérant Guy est là, lui ! Le pupitre des basses est donc moins famélique qu’avant. On va pouvoir donner de la voix face à toutes ces dames ! Surtout que nous avons le renfort de nos amis de la chorale de Varennes-Jarcis ! Il faut dire qu’avec des événements extérieurs indépendants de notre volonté, le régime des répétitions est un peu « chaotique » ! Néanmoins, grâce à l’énergie débordante et passionnée de Benjamin, nous avançons quand même ! Déjà, nous avons touché nos nouvelles partitions en remplacement de celles sur lesquelles nous avions transpiré comme des malades avec nôtre Jérôme national ! M’en fous ! La mienne est dédicacée par le « Maître » en personne, et rangée dans les archives lyriques de mon Panthéon personnel.  Nous avons donc entamé une nouvelle aventure. Mercredi dernier a eu lieu la dernière répétition du trimestre à Savigny et donc de l’année.  Mais attention ! On a quand même du « taf » ! Faudrait pas oublier le « jour de colère »! Autrement dit le Dies irae !
Nous devons étudier la partition en trois parties : 1 à 21 puis de 22à 41 enfin de 42 à la fin ! Les flammes de l’enfer vont vous chatouiller si vous n’étudiez pas bien ces mesures ! En attendant ce supplice bien improbable  je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année en espérant vous retrouver tous en pleine forme l’année prochaine.
Pour égayer un peu mon message, je vous mets directement sur le blog quelques photos de nos libations faites lors de notre dernière répétition. 












vendredi 18 octobre 2019

SAISON 2019-2020 : LAZARE RESSUSCITÉ !

Oui ! Lazare c’est moi ! Il faut bien que j’explique ce titre un peu alambiqué pour les nouveaux choristes qui ne me connaîtraient pas, parmi lesquels mes nouveaux compagnons « basses » Fabrice et Dominique. J’ai subi une année en état cataleptique concernant mon activité de choriste.
Le précédent chef de chœur  ayant décidé, vu l’unique « mâle » encore en fonction, de faire une chorale exclusivement féminine.


Donc, le « faux bourdon  de la ruche » que j’étais devait dégager.
Ce que je fis, la mort dans l’âme ! Mais, grâce à une amie choriste, et à son enthousiasme communicatif, au sujet d’un jeune chef de chœur, me revoilà « ressuscité » et sorti du tombeau ! Mais ce n’est pas le Christ qui a réussi ce miracle, mais un certain Benjamin Vinit ! Bienvenue Benjamin! Notre nouveau chef de chœur !
Je reprends donc l’écriture de mon blog pour faire passer nos messages
et nos infos !
J’en profite pour signaler que je mets un lien sur mes anciens blogs concernant nos concerts et notamment celui consacré à  Mozart. (colonne de droite sur le blog) Dans celui-ci, je signale à mes camarades basses qu’ils pourront trouver la VIDÉO du concert du requiem donné à Vincennes en 2010. C’est une vidéo amateur faite par mon frère avec la qualité que l’on devine. Mais elle donne une idée de ce que nous avons fait. D’autre part, j’ai les vidéos des concerts de la Madeleine et surtout de celui donné porte de la Chapelle ! Il est émouvant de constater que beaucoup de nos choristes s’y retrouveront en action ! Un peu rajeunis, certes !
Mais toujours en forme !
Je cherche une solution pour les mettre en ligne et les rendre accessibles à tous nos choristes, mais en respectant les droits d’image, comme il se doit.
Vous pouvez donc en profitez pour lire mes articles pour comprendre l’historique de nos aventures parfois très cocasses, lors de nos concerts.
D’autre part j’avais exploité un site personnel de la chorale qui me demandait beaucoup d’efforts et de temps ! Il va être  mis en sommeil, tout en étant toujours accessible ! Mais servira surtout de mémoire et de référence historique. Et vu que je paie un hébergeur annuellement, s’il n’intéresse personne, il disparaîtra.
Encore une dernière chose : sur le blog, sur la colonne de droite, vous avez tous les liens directs sur le site et sur les blogs, avec d’autres sites intéressants.
Enfin, souhaitons la bienvenue à notre nouveau chef de chœur Benjamin Vinit et à tous nos nouveaux compagnons de route pour nos nouvelles aventures lyriques.


PS : Je mets ici le lien direct sur l’article contenant la vidéo de Vincennes
Vidéo concert de Vincennes


samedi 13 octobre 2018

LE BLUES DU CHORISTE SOLITAIRE

Alfred de Vigny aimait le « son du cor le soir au fond des bois » Mais qui aime le cri solitaire de la basse,  le soir, au fond de la classe de chant ? Hein ?
Cela fait déjà deux semaines de suite que j’assume, seul, cette lourde tâche vocale. Et je vous prie de croire que pour l’ancien timide que je suis, voilà une souffrance et un exploit personnel qui me pèse de plus en plus. Je me doutais bien que la rentrée serait plus délicate que d’habitude. Nous venons de perdre notre vénéré, adoré, adulé, admiré, choyé, respecté, « lèche-pompé » chef de cœur Jérôme. Ce deuil récent qui régnait dans mon cœur de vieux choriste, me plombait un peu l’ambiance de cette rentrée.
Mais la force de l’inertie aidant, je me suis bousculé le popotin pour renouveler mon « bail lyrique » ! Las ! Je ne savais pas que j’allais être victime d’une désertion en rase campagne de la part de mes deux compagnons habituels. Il paraît que Christian et Charles devraient revenir au bercail d’ici peu. J’en accepte l’augure ! (vieille expression poussiéreuse dont vous n’êtes pas obligé de vous moquer !). Bref ! J’ai le moral dans les chaussettes et des envies de retraite musicale définitive. Il faut que je vous parle, maintenant, de notre nouveau, jeune et sémillant chef de cœur dont le dynamisme et l’énergie ne sont pas les défauts principaux. Il s’appelle Julien Buis. Je me dois de succomber ainsi à cette nouvelle qualité sociale de notre époque ;  le léchage de pompes !
Avec lui, finis la rigolade et les caquetages incessants. Ça ne moufte plus dans le gynécée.
Il l’a dompté d’une manière magistrale dès les premières séances. Devant mon désespoir et ma solitude évidente  il a tenté de me remonter le moral par une réflexion publique, hautement libidineuse, dont je me désolidarise totalement. Il m’a tout simplement proposé que nous nous partagions ce « harem vocal », dans la plus grande tradition orientale. Je lui aurais bien répondu que deux coqs dans le même poulailler ça cause de sérieux problèmes de cohabitation. Rien qu’à l’idée de  « côcher » une seule de mes camarades si vertueuses,  ma pudeur naturelle et outragée  (et autre chose d’intime) se révulse ! Alors, vous pensez ? Une trentaine !
Oui ! Le terme « côcher » est le terme adéquat pour désigner la chose entre gallinacées.  A ne pas confondre avec l’alcoolique endimanché qui conduisait les diligences  et qui se nommait « postillon » que l’on voyait sur les étiquettes d’une marque célèbre de vin d’autrefois, et qui participa à l’élimination prématurée de millions de poivrots, dans notre beau pays vinicole. Postillon qui, lui-même, ne doit pas être confondu avec les glaviots expectorés par des choristes trop zélés, etc....Je sens que je m’égare ! Pas vous ? Bref ! Tout ça pour vous résumer un problème grave : l’espèce très rare des choristes mâles  est en voie de disparition avancée. Aucun mouvement écolo ne se précipitera pour venir la sauver.
Je suis donc fatigué de cette situation. Voilà plus de dix longues années que je rame dans cette chorale avec des moments de joies grandioses, bien évidement. J’ai même tenté de vous amuser par mes saillies blogueuses, avec plus ou moins de bonheur. J’ai même créé et géré mon propre site web pour être utile à notre petite communauté. Succès très mitigé qui n’a été partagé que par quelques intimes mais qui me coûte quand même du pognon pour son hébergement. Et comme personne n’a semblé être intéressé pour cette année, je ferme définitivement mes ambitions informatiques. Je ne ferai ce site que pour mes archives personnelles. Quant à ma participation à la chorale, ne vous étonnez pas de me voir disparaître, un jour, sans bruit, et sur la pointe des pieds.
Dégât collatéral du « matriarcat triomphant » de notre époque. Et pour vous l’illustrer avec l’humour du désespoir, je ne peux pas résister au plaisir orgueilleux de vous donner le lien sur une petite fable bucolique et champêtre que j’avais concoctée, voici déjà quelques années :
A bientôt….peut-être !


Voici le lien. Sur la page d’accueil, cliquez en bas sur « lire cette oeuvre ».

Coq en panne et poule frondeuses

mardi 26 juin 2018

LA MISA TANGO DES ADIEUX


Cela aurait dû bien se passer. Cela s’est bien passé ! Mais entre temps,…comment dire ? Ce fût « épique » ! Adjectif qui se rapporte à l’épopée, mot qui lui-même est un long poème  racontant une histoire « héroïque ». Pour ce qui est de la « poésie » et de l’héroïsme, vous pouvez oublier ! « Nous partîmes huit choristes, et par un prompt renfort… »
Ben, on était toujours huit à l’arrivée à Montmartre, dans le bus conduit par Marie. Mais dans quel état !
Que je vous narre l’aventure. Cette épopée a bien commencée sur le parking de l’école du Noyer Perrot. Une espèce d’engin moderne diabolique nommée GPS nous a envoyé sur l’autoroute du sud au lieu de passer par la « A4 ». Bon ! Pourquoi pas ? Un dimanche ! Sur l’autoroute ! Vers 13h00, il n’y a jamais personne ! Grave erreur de naïfs ! A la hauteur d’Arcueil, l’aveugle et irresponsable petit boîtier électronique nous envoie sur la bretelle de droite, vers le « pestiférique est »  (référence Coluche !) où vient juste de se produire un accident. Je ne vous fais pas un dessin, vous m’avez compris ! Près d’une demie heure d’embouteillage. Là, les nerfs commencent à s’échauffer dangereusement. Mais nous arrivons quand même dans un Paris très encombré. On contourne la Bastille, on prend Beaumarchais, on arrive à République et on enquille Magenta ! Dire que la circulation n’est pas tout à fait « fluide » serait un doux euphémisme que l’on aura pas l’imprudence d’employer. Et là, dans un carrefour encombré, au niveau de la gare de l’est , un « ange gardien » nous apparaît ! Non ! Non ! Je ne plaisante pas ! D’accord, c’est un ange gardien de télévision ! Mais quand même ! Une petite boule blonde émerge de la portière d’une Austin Cooper qui nous arrive en face, pour nous contourner par la gauche ! Mimie Mathie ! Hurle le gynécée en folie, à l’arrière du minibus. Celui-ci penche dangereusement du côté de la voiture de l’artiste. Il faut dire que moi, à l’avant, avec Marie, je reste stoïque. Il me faut bien avouer que les aventures télévisuelles de ce « rase bitume » femelle ne m’ont jamais passionné. Chacun ses goûts ! Ah mais !  Après les petits coucous amicaux de la célèbre naine, on reprend notre voyage en diligence motorisée. Arrivé au pied de la colline de Montmartre, notre petit guide informatique, dans sa boite magique, nous indique un dernier virage vers notre destination. Et là…Horreur ! Deux pandores, dans leur tenue de bal du dimanche, nous font signe qu’aujourd’hui, la rue est réservée aux piétons et aux cyclistes ! Voilà ! Voilà ! On leur serait bien passé dessus, mais cela aurait entraîné des complications qui nous auraient  retardées d’avantage. Bon ! On passe à la rue suivante. Poum ! Même motif, même punition. Alors là, la panique nous gagne. On décide de se jeter dans le premier parking en vue, et d’aviser ensuite. On en trouve un, rue Custine. C’est vous dire si nous sommes paumés ! Nous sommes exactement à l’opposée des Abbesses. En contournant la célèbre colline,  en cavalcade, moitié smart phone à la main, moitié renseignements demandés auprès des commerçants du coin, on arrive enfin à bon port, si j’ose dire. A ce moment du récit, je me dois de faire une petite mise au point nécessaire. Quand nous avons  le malheur de nous plaindre du blocage des rues par la police, il nous est répondu, sur un ton rogne et peu amène que ; « c’était précisé sur l’affichette du concert ! ». Exact ! Mais en tout petit, comme dans les contrats de garantie de votre réveil matin chinois. Et les deux adresses proposées sont quand même très éloignées des Abbesses. Des esprits chagrins et pinailleurs pourraient nous rétorquer que nous n’avions qu’à mieux préparer notre itinéraire. Moi, j’écris ça, je n’écris rien ! Je ne suis qu’un vulgaire passager sans responsabilités. Et c’est là que l’on constate avec amertume que les transports en commun ont du bon, quand ils fonctionnent et qu’ils ne sont pas en grève, bien sûr ! Ca c’est fait ! Donc, poursuivons notre… « Épopée ».
Avec ça, on a complètement raté notre répétition, vu notre arrivée plus que tardive. Nous assistons, un peu honteux et confus, à celle de la Misa Criolla. Ceci nous donne quand même le privilège rare d’entendre la belle voix de Mathieu Sempéré. Ecrire que Jérôme nous accueille à bras ouverts serait faire un gros mensonge. Son œil noir et son regard glacial nous font comprendre que nos explications et nos plates excuses ne serviront strictement à rien pour adoucir sa fureur rentrée. Vers seize heures, l’église se remplit des invités et des spectateurs. Nous voyons arriver quelqu’un qui se place au premier rang, avec toute sa cour, la deuxième vedette de la journée ! Et quelle vedette ! Dans son beau et éternel costume bleu électrique ; Michou ! Le pape indéboulonnable de la nuit montmartroise. Très sympa ! Très abordable ! Tellement abordable qu’il me fait un signe de la main pour que je vienne le voir ! Moi, tellement stupéfait, je me retourne pour voir qui est l’heureux élu ? Ce ne peut pas être moi ? Il ne m’a jamais vu ! Mais si ! Mais si ! C’est bien moi ! Je comprends plus tard que Marie, l’incorrigible Marie, veut faire un « selfie » avec Michou et qu’elle m’a désigné  à lui comme LE photographe ! Je m’exécute avec d’autant plus de  bonne grâce que j’ai déjà fait, à la sauvette, ma pêche miraculeuse de clichés « pipolesques ». Ben quoi ? On peut avoir ses faiblesses de midinette ! Non ? Surtout avec Michou.
Le concert débute après l’inévitable discours soporifique du présentateur, directeur, animateur, cireur de toutes les pompes du ban et de l’arrière ban de la commune, de la paroisse, des élus, de la chorale, de sa belle-mère, du concierge portugais de son gendre qui est très méritant et qu’il faut remercier par un  bruyant brassage de phalanges parfois très bagousés !
Pendant la Misa Criolla, il m’arrive une drôle d’aventure ; une brave dame, aux cheveux couleur des neiges éternelles, m’aborde pour me poser un tas de question sur la chorale, sur le concert, etc. Je lui réponds poliment, comme je peux,  et je vais m’asseoir sur ce qui fut un banc de chapitre de religieux. Celui-ci, adossé au mur, tient par l’opération du Saint Esprit (ce qui est normal dans une église) mais qui possède une furieuse tendance à vouloir éjecter ses passagers vers l’avant, tellement ses pieds sont fragiles. Et je ne vous cause pas des grincements vengeurs du meuble en souffrance. Bref ! En examinant le profil de mon interlocutrice précédente, je m’aperçois, avec stupeur que cette femme est une ancienne collègue de travail dont j’avais perdu la trace depuis….(secret défense).  Je me fends d’un culot que je ne connaissais pas d’habitude, et lui demande si nous n’avons pas travaillé au même endroit ! Oh miracle ! Oh que si ! Nous écourtons nos retrouvailles car c’est notre tour de chanter. Comme un manque de pot n’arrive jamais seul, je dois faire mon entrée le premier, avec mon ami Charles de l’autre côté du chœur de l’église. Nous sommes suivi par la cohorte des choristes qui s’installent sur le praticable. Le moment solennel est arrivé. Des mois de préparations, de répétitions et enfin le grand jour ! Mais ça va ! Pas trop peur ! Tout se déroule à merveille. Le kyrié, le gloria, le credo, le sanctus, le benedictus…..
Arrive enfin le terrifiant et périlleux Agnus Dei ! Périlleux ? On peut dire ça ! On aborde la descente crépusculaire, d’une douceur infinie ; « dona nobis pacem…. »Et là ? Crac ! Petit bruit étrange venant de ma droite, des altos. Je remarque le regard stupéfait de Jérôme qui se porte vers l’endroit du bruit insolite. Malgré tout, notre chant se termine en beauté sous un tonnerre d’applaudissements, comme on écrit dans les romans à deux balles. Mais c’est pas tout ! Que vois-je de mes yeux ahuris, agrandis par la surprise et l’étonnement ? Marie allongée par terre, au fond du praticable, et dont quelques âmes charitables, parmi les altos sont en train de lui prodiguer les premiers soins.  Voyez comme la nature humaine est cruelle et cynique. Au lieu d’avoir une instinctive et naturelle compassion pour ma camarade dans la souffrance, il me vient soudain l’affreuse pensée que c’est MOI qui vais être obligé de me farcir la conduite du minibus ! Je sais ! Je suis un pourri ! J’ai honte ! Ma femme me le dit tous les jours que je suis un « monstre d’égoïsme » ! Mais là, je l’ai tout de suite très bien ressenti. Heureusement il n’y a de chance que pour la crapule, comme me le disait ma grand-mère !  Marie s’est remise sur pied très vite. Sûrement un classique malaise vagal dû au stress du voyage. Le spectacle s’est bien terminé. Le public a été ravi et nous avons bien rempli notre contrat. Il est très agréable de chanter avec plusieurs chorales, et l’harmonie des basses a été parfaite. Mon ami Charles a été un « tuteur de tempo » admirable pour un mécréant comme moi qui n’a aucun sens du rythme. Un dernier petit événement sympathique nous attendait. Comme c’était l’anniversaire de Michou, le chœur unanime a entamé un très émouvant « joyeux anniversaire Michou ». Il faut dire qu’à 87 ans, notre artiste connu dans le monde entier, a  toujours « bon pied, bon œil ». J’ai donc repris ma conversation avec ma collègue retrouvée. Et nous avons « glosé » sur le miracle des rencontres fortuites en espérant nous revoir un jour. Veux  pieux et non pas « vieux pneus » car la vie est souvent avare de ce genre de surprise. Comme tout a une fin,  nous nous égayons tous, en espérant retrouver nos « calèches pétrolières ». Moi, très pragmatique, je propose de refaire exactement le chemin inverse. C’est encore la meilleure façon de ne pas se perdre. Comme nous sommes enfin détendus et assez satisfaits de notre prestation, on va jouer les touristes sans complexes. Il est vrai que le Sacré Cœur est majestueux dans cette fin d’après-midi ensoleillé. On arrive au parking où nous attend la douloureuse ! Avec la prostitution et la drogue, le stationnement en ville, est le troisième fléau mafieux frappant la population citadine mondiale. Je pense que je ne vous apprends rien ? Sur le chemin du retour, je subis alors un quatrième et dernier fléau, mais « auditif, celui-là ! Mes chères compagnes de transports (mais pas de transports amoureux. Je rassure les maris ou les compagnons), mes chères copines, m’ont offert un concert de vieilles rengaines françaises chantées dans tous les repas de noces de France et de Navarre, où l’alcool n’a pas toujours été bu avec modération ! Le latin et les rythmes exotiques du tango ont vite été oubliés ! Moi, je vous dis !
La fibre patriotique a enfin repris le dessus. Et même régionale grâce à un « ptit Quinquin » nordique de derrière les fagots de notre chère Marie-Claude.
Cette belle journée a bien été une épopée joyeuse et amicale où « tout est bien qui finit bien » comme on le disait autrefois pour clore une belle histoire. Car c’est une belle histoire qui s’achève avec ce concert. Celle de choristes amateurs, d’une petite ville de banlieue, portés vers les sommets de l’art lyrique par un  chef de chœur talentueux et généreux, Jérôme Boudin-Clauzel.





lundi 28 mai 2018

ITE MISA TANGO EST

Il fallait que je la fasse ! Bon ! C’est un peu tiré par les cheveux, mais je n’ai pas trouvé mieux. Surtout, un peu mensongère, car il nous en reste encore une à chanter aux Abbesses.
Il faut d’abord expliquer aux moins de quarante ans que « ite misa est » signifie « la messe est dite »,ou terminée ! Il faudrait aussi remonter à Vatican II, pour expliquer aussi pourquoi on ne dit plus la messe en latin dans les églises. Mais là, je sens que je risque de perdre un certain nombre de mes lecteurs. Bref ! Revenons à notre concert de samedi à la rotonde de Moissy-Cramayel city. J’ai rajouté le « city » pour satisfaire à la mode de l’américanisation galopante de notre société. Donc, les « men in black » étaient de retour ! Vous voyez, hein ? Je fais des efforts pour rester encore dans la course ? C'est-à-dire que les hommes avaient retrouvé leur chemise noire et leur pantalon de deuil habituels. Le temps était lourd et menaçant, mais l’orage tant redouté est surtout venu des transports et non du ciel, sous la forme  d’un caddie en goguette qui s’était égaré sur les rails du RER. La panique a failli s’emparer de nos amis choristes parisiens. Heureusement, le Ciel, avec un « C » majuscule veillait sur nous. Et tous, sont arrivés à l’heure pour un premier échauffement, vers 16 heures. Là on a pris nos marques. On s’est jaugé, mesuré, croisé, testé, reconnu, reniflé, posté, examiné, dans les couloirs étroits des coulisses, avant cette répétition sous une chaleur infernale et le chuintement d’une climatisation qui donnait l’illusion qu’une pluie d’orage attaquait déjà notre bâtiment.
Jérôme a fait les derniers petits ajustements comme un mécanicien italien chevronné règle les culbuteurs d’une vieille Maserati essoufflée, c'est-à-dire, avec parfois force cris mais jurons transalpins en moins. Moi, qui ai toujours le regard éternel de l’évasion mentale, je remarque soudain, dans le haut des gradins, un vieux couple isolé avec un tout jeune gamin coincé entre eux, qui ne doit pas avoir plus de quatre ans. Et là, ravissement suprême, je vois ce bambin, le visage épanouit, nous applaudir avec un enthousiasme digne des plus grands aficionados de l’art lyrique. Et quand ses grands-parents l’ont tiré hors de la salle, son petit bras tendu, et son regard lumineux tentaient encore de grappiller quelques secondes de bonheur musical. Si je ne devais retirer qu’une seconde d’orgueil et de fierté de notre prestation, elle n’aurait que cette image là. Un futur passionné de bel canto venait sûrement de naître.
Ensuite, vint l’instant fatidique du concert. Bon ! Il faut avouer que la salle n’était pas à son comble ! Mais les amis et les familles étaient là.
Notre concert s’est divisé en deux « tableaux » comme on dit dans les milieux professionnels du spectacle. D’abord il y eut les « Djinns » suivis de « Cantar del Alma », avec un seul piano d’accompagnement.
Les « cris de l’enfer » ont crevé le plafond du théâtre ! D’affreuses bestioles ont fait un boucan du diable, avant de se barrer au loin. Nous, les hommes, on a failli exposer  nos fronts chauves, à défaut d’autre chose, sur un autel avec des encensoirs. Ici, je dois faire un aparté qui va sûrement en choquer beaucoup.  Dans un « coming out »  honteux et confus j’avoue que je ne comprends rien à la poésie. Mais alors là ? Rien ! Et ça, depuis tout petit ! Jamais aucun poème ne m’a fait vibrer, ne m’a jamais ému.
Je suis aussi sensible à la poésie qu’un moine tibétain devant une danseuse nue dans un cabaret érotique de Pigalle. C’est affreux, n’est-ce pas ?
Heureusement, un célèbre sketch de Coluche me fait penser que je ne dois pas être le seul.
« Amis de la poésie, bonsoir ! ».  Pardon au grand « Totor » alias Victor Hugo !
Ensuite vint le chant espagnol de Mompou. Très beau ! Que l’on connaît à peine, parce que peu répété ! Mais comme le dit notre chef : « Le public ne le sait pas, lui !  ».Il ne faut pourtant pas être dans une phase de déprime aigue pour écouter cette musique, sinon le taux de suicide va grimper d’une façon alarmante dans la population ! C’est beau ! Mais à consommer avec modération !
Ensuite, avec le deuxième tableau, le clou du spectacle : la Misa Tango ! On s’est bien éclaté, les gars..et les filles ! Très beau moment de cohésion musicale des chorales. Cela vaut le coup de ramer pendant des mois pour que l’art lyrique puisse nous donner tant de bonheur, et surtout, en donner au public. Dommage que trop peu de gens puissent en profiter.
La fin du concert nous réservait une triste nouvelle que nous connaissions déjà depuis un certain temps. Une trahison ! Que dis-je ? Une désertion en rase campagne ! Un lâche abandon de troupes malheureuses et désemparées ! D’ailleurs, cette nouvelle reçut l’accueil qu’elle méritait ; une bronca de désapprobation de la part du public et même parmi de nombreux choristes !
Notre vénéré, adulé, admiré, parfois « fayotté à outrance » ( pas de délation, s’il vous plaît !) enfin, bref ! Notre chef de chœur  et de « cœur » Jérôme nous quitte à la fin de la saison.
Oui !  C’est épouvantable ! Mais c’est ainsi ! Douze années de joies lyriques, de spectacles, de souvenirs joyeux se terminent. Un chapitre de notre vie de bénévoles heureux et chantant va se refermer. Mais je pense concocter à notre chef, en guise d’adieux, un ouvrage de ma composition. Mais chut !
Ah mais ? J’allais oublier ? On a encore un rendez-vous aux Abbesses le 17 juin !
Alors là ! On va en faire péter les vitraux de l’église ! Tant pis pour le patrimoine parisien !
A bientôt les amis choristes.

PS. Malheureusement, je n'ai ni sons ni images de notre beau concert. Espérons que certains ou certaines auront pensé à l'immortaliser avec leurs appareils, et qu'on pourra faire un album pour mettre sur le site.

Avec la courtoise complicité de Monique Baron et de Serge Cavanna qui m'ont fourni cette photo!
Magnifique!




jeudi 21 septembre 2017

C’EST PARTI POUR LE TANGO !

Mais attention ! Un tango à la messe ! Ne cherchez pas ! Il n’y a pas de contrepèterie (Ouille ! que c’est difficile à écrire, et surtout à dire !)
Dans mes années (très anciennes !) de catéchisme, il ne me serait jamais venu à l’esprit que l’on puisse danser le tango au cours d’une messe. J’avais même cru comprendre, que cette lascive et très sensuelle chorégraphie entre deux personnes de sexe opposé, n’était pas en odeur de sainteté dans la hiérarchie catholique.  Ne comptez pas sur moi pour vous expliquer ce qu’est « une odeur de sainteté » expression dont les moins de vingt ans n’ont jamais entendu parler !

Mais je fais le malin, alors que je sais pertinemment qu’il s’agit là uniquement de musique et non pas de danse !
Les vacances ne sont plus, hélas, que de vagues souvenirs et des tonnes de photos enfouies au fond de nos ordinateurs et de nos smart phones. Ainsi va la vie.
Mais nous sommes prêts pour cette nouvelle aventure lyrique. Si nous allons avoir le plaisir de voir de nouvelles têtes et d’entendre surtout de nouvelles voix, certains et surtout « certaine » vont nous quitter pour d’autres occupations. En espérant les revoir le plus tôt possible.

Sur ce…..A vos partoche ! Et bon tango !

PS Mais celui que je préfère de tous, de tangos, c’est le « tango corse » !